Plage, eau calme et îlot de mangrove dans la lagune de Belo-sur-Mer
Photo : Terpsichores / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

La mangrove de Belo-sur-Mer, une forêt entre terre et mer

Bois de palétuvier, crabes, sel : la mangrove de la lagune de Belo-sur-Mer fait vivre le village. Depuis 2024, les habitants la replantent avec le WWF.

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Derrière la plage de Belo-sur-Mer s’étend une grande lagune. Une bonne partie est couverte de mangrove : une forêt de palétuviers qui pousse les pieds dans l’eau salée et qui se découvre à chaque marée basse. Pour le village, ce n’est pas un simple paysage : c’est un garde-manger et une réserve de bois.

Un espace découpé et nommé

Deux géographes ont étudié la lagune de Belo dans les années 1990. Selon eux, les habitants de Belo et des villages voisins l’ont découpée en unités précises, chacune avec son nom malgache. Ils distinguent notamment :

  • le hiake, la partie qui reste habituellement hors de l’eau ;
  • l’antsaha, la partie recouverte régulièrement par la marée.

Le reste de la lagune est occupé par un grand tanne : une dépression plate et salée, que l’UNESCO décrit comme une zone marécageuse salée.

Ce que la mangrove apporte

Toujours selon cette étude, les trois grandes ressources de la lagune sont :

  1. le bois de palétuvier ;
  2. les crabes ;
  3. le sel.

Les auteurs soulignent que la bonne gestion de ces ressources permet de garder un équilibre écologique. L’UNESCO, qui a désigné la réserve de biosphère Belo-sur-Mer – Kirindy-Mite en 2016, compte la mangrove parmi ses écosystèmes « riches mais fragiles », aux côtés des forêts sèches et des récifs coralliens.

Replanter la mangrove

Quand on coupe trop de bois, la mangrove recule. Depuis 2024, une nouvelle méthode de restauration écologique est testée autour de Belo-sur-Mer, avec le soutien du WWF. Selon le WWF :

  • en novembre 2024, après une formation, les communautés qui gèrent la mangrove ont planté 19 140 propagules (les jeunes pousses de palétuvier) sur un peu moins de deux hectares ;
  • six mois plus tard, la croissance était jugée très encourageante.

« Les crabes commencent à revenir, alors qu’avant, il ne restait presque rien. » — Lemo Gens Laurent, membre de la communauté, cité par le WWF.

Le WWF insiste sur un point : ce qui compte, c’est le taux de survie des jeunes arbres, pas seulement le nombre d’hectares plantés. L’équipe suit la salinité, la qualité du sol et l’accès à l’eau. Le projet fait partie du Projet de pêche côtière durable, financé par la banque allemande de développement KfW, en partenariat avec Madagascar National Parks.

Visiter la mangrove avec respect

  • Visitez-la à marée basse, avec un guide du village.
  • Restez sur les passages indiqués par votre guide : les jeunes pousses sont fragiles et faciles à écraser.
  • Ne coupez rien et ne ramassez pas de crabes : ils font vivre des familles.
  • Protégez-vous des moustiques et portez des chaussures qui ne craignent pas la boue.